Actus & Coups de cœur

La librairie Les Rivages d’Onitsha vous propose ses nouveautés littéraires et ses coups de cœur !

Nous vous présentons, en exclusivité, les fiches lecture des coups de cœur de vos libraires ainsi que les nouveautés littéraires majeures de votre librairie à Roanne.

Coups de cœur

Résumé du livre "Jean-Michel fatigué d'être un super-héros"

Magali Le Huche, Jean-Michel fatigué d'être un super-héros, librairie Les Rivages d'Onitsha à Roanne Et oui ! Même un super héros peut être fatigué de sauver le monde !

Jean-Michel le caribou est tout raplapla… Il se dit qu’il pourrait faire autre chose.

Justement, un concours du Super-Top Pâtissier de l’année va avoir lieu à Vlalbonvent ! Jean-Michel va-t-il retrouver tout son peps ?

Une nouvelle aventure de notre super-héros préféré en BD qui mêle comme toujours humour, rebondissements et amitié.

Le sixième opus hilarant de la série BD de Magali Le Huche, prochainement adaptée à la télévision. Mots-clés complémentaires : bande-dessinée, livre jeunesse, super-héros

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Magali Le Huche
  • Titre de l'ouvrage : Jean-Michel fatigué d'être un super-héros
  • Editions : Actes Sud Junior
  • Date de parution : Octobre 2018
  • ISBN : 978-23-301-0896-0

Prix : 12.80€

Résumé du livre "Brexit romance"

Beauvais Clémentine, Brexit romance Le grand retour de Clémentine Beauvais est remarquable !

Après Les petites reines et Songe à la douceur, elle nous a concocté une brillante comédie romantique au cœur de l’Angleterre de l’après-Brexit.

Une jeune étudiante a créé une start-up secrète afin d’organiser des mariages blancs entre français et anglais pour leur faire obtenir le passeport européen.

Mais attention, il n’est surtout pas question d’amour ! C’est sans compter sur une jeune soprano française, son professeur de chant légèrement torturé et un extravagant lord anglais qui nous entraînent dans une folle aventure.

Clémentine Beauvais manie la langue avec brio. On se délecte de son talent à jouer avec les mots en français et en anglais et on plonge avec délice dans cette romance des temps modernes aux multiples références. Mots-clés complémentaires : Clémentine Beauvais, littérature jeunesse, Brexit

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Clémentine BEAUVAIS
  • Titre de l'ouvrage : Brexit romance
  • Editions : Sarbacane
  • Date de parution : Août 2018
  • ISBN : 978-23-773-1145-3

Prix : 17€

Résumé du livre "Quand Dieu boxait en amateur"

Guy Boley, Quand Dieu boxait en amateur, librairie Les Rivages d'Onitsha à Roanne À Besançon, René Boley, père de l’auteur, est forgeron depuis l’âge de 14 ans. Mais c’est aussi un champion de boxe, un chanteur d’opérette dans sa cuisine et surtout il joue le rôle de Jésus Christ dans une pièce donnée par l’aumônerie, rôle qu’il interpréte plusieurs années de suite, comme un rendez-vous incontournable avec les voisins et amis de son quartier.

Mais la vie on le sait n’épargne personne et les années de la vieillesse sont terribles et destructrices. C’est un hommage touchant, un portrait magnifique d’un homme simple et bon, qui laissait peu percevoir la profondeur de ses réflexions et la beauté de ses convictions.

Un texte rythmé, qu’on parcourt d’un souffle. Les phrases, mot après mot, nous tiennent en otage, chacune appelant la suivante. C’est de la rocaille et un bonbon ! 180 pages c’est un peu court mais quelle déclaration d’amour au père ! Guy Boley « Quand Dieu boxait en amateur » Grasset. Mots-clés complémentaires : Guy Bolet, Les Rivages d'Onitsha, père

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Guy Bolet
  • Titre de l'ouvrage : Quand Dieu boxait en amateur
  • Editions : Grasset et fasquelle
  • Date de parution : Août 2018
  • ISBN : 978-22-468-1816-8

Prix : 17€

*** Rentrée littéraire ***

Résumé du livre "Carnaval noir"

Metin Arditi, Carnaval noir, librairie Roanne, Les Rivages d'Onitsha Un roman haletant, une enquête historique riche en rebondissements, entre Genève, Venise et Rome, qui relie des crimes perpétrés en plein Carnaval au XVIème siècle à Venise et une série de meurtres entre Suisse et Italie.

Metin Arditi, au long de cette intrigue solidement bâtie, dénonce également les dangers de tous les fondamentalismes, politiques ou religieux, d'hier et d'aujourd'hui, au travers des complots menés par une mystérieuse organisation ultra-catholique dont les racines se plongent dans les canaux boueux de cette Venise du XVIème siècle, si resplendissante, qui pouvait pourtant cacher de bien sombres côtés.

Un roman qui séduira autant les amateurs de littérature, d'Histoire, d'intrigues policières et de langue latine !

RECOMMANDÉ PAR VOTRE LIBRAIRE 🙂

Il n'y a pas eu de "carnaval noir" en 1575, mais une épidémie de peste qui commença l'été de cette année là. Elle permit aux ultra-catholiques de l'époque de tenter un gros coup de balai pour remettre cette ville du péché sur des rails plus "moralisateurs" ! Vous pouvez découvrir également le film "La courtisane" de Marshall Herskovitz.

Metin Arditi a donc inventé l'intrigue du XVIème siècle mais qui s'inscrit vraiment précisément dans le contexte historique de l'époque à Venise ! Chapeau !

Mots-clés complémentaires : enquête historique, librairie Roanne, Les Rivages d'Onitsha.

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Metin Arditi
  • Titre de l'ouvrage : Carnaval noir
  • Editions : Grasset et fasquelle
  • Date de parution : août 2018
  • ISBN : 978-22-468-1600-3

Prix : 22€

Résumé du livre "Celui qui disait non"

Adeline Baldacchino, Celui qui disait non, librairie Roanne, Les Rivages d'Onitsha A l'origine de ce livre, une photo, magnifique et terrible, datant de 1936 : un homme bras croisés au milieu d'une foule d'ouvriers bras tendu pour un salut hitlérien.

On ne voit que lui, on devine sa fierté, son refus de suivre le troupeau mais on devine aussi les conséquences d'un tel geste. Cet homme a un nom : August Landmesser, ouvrier sur le chantier naval de Hambourg, il a été identifié par sa fille Irène en 1991 quand la photo a été diffusée dans un dossier du journal Die Zeit.

Adeline Baldacchino est allée à la rencontre de cet homme qui disait non en se rendant sur place à Hambourg pour faire des recherches : elle raconte dans une langue travaillée, mais empreinte de poésie la vie de cet homme qui a osé aller à contre-courant, qui a cru que les hommes ne pouvaient pas être capables d'une telle barbarie, que son amour pour Irma, pour ses filles , les protégerait du chaos. Irma était juive.

On pourrait se dire que c'est un énième roman sur la seconde guerre mondiale, sur les déportations massives et les horreurs nazies. Mais ce livre est plus que ça et on n'en sort pas indemne.

L'auteure écrit le courage face à la bêtise et à la lâcheté, elle donne du souffle à la vie si chevillée aux corps de ceux qui se trouvent aux portes de la mort, elle décrit l'espoir malgré la peur, la volonté de ne pas céder malgré la violence ; tomber et se relever, peut-être, et continuer à aimer.

Une lecture poignante, à l'image de ce court extrait : « Et j'avais vu Dachau, Bergen-Belsen et Buchenwald, vu Auschwitz et pleuré dans la lumière du crépuscule, quand j'essayais encore de comprendre comment il était encore permis d'écrire de la poésie, comment il fallait justement en écrire parce que prier, non, ce n'était plus possible - qui voulez-vous prier : celui qui ne répondit jamais quand on le suppliait dans les chambres à gaz ? »

Mots-clés complémentaires : Seconde Guerre Mondiale, nazisme, histoire, librairie roanne.

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Adeline Baldacchino
  • Titre de l'ouvrage : Celui qui disait non
  • Editions : Fayard
  • Date de parution : janvier 2018
  • ISBN : 978-22-137-0594-1

Prix : 18€

Résumé du livre "L'invention des corps"

Pierre Ducrozet, L'invention des corps, librairie Les Rivages d'Onitsha à Roanne Au début de la lecture, on est frappé par la réussite manifeste de Pierre Ducrozet dans la saisie de la complexité du temps présent. Il tisse la question des combats démocratiques noyés dans le sang comme au Mexique, des migrations et des murs prétendant les arrêter, celle du genre et des intégrismes asphyxiants, de la révolution numérique vue du côté des GAFA comme de celui des Anonymous ou des hackers, et de ses conséquences anthropologiques possibles avec la tentation de l’homme augmenté et du transhumanisme.

On se dit que Pierre Ducrozet dans ce roman réussit à condenser ce début de siècle, avec ses espoirs, ses angoisses et ses incertitudes. Puis, en allant plus avant, on se rend compte que ce n’est pas seulement la complexité de notre actualité qui est présente dans ce roman, mais celle aussi du 20e siècle, avec la présence aussi de l’extermination des juifs, au travers de l’histoire des parents d’un des inventeurs du World Wide Web, saisie de l’intérieur comme ce fut le cas au cinéma dans Le fils de Saül de Laszlo Nemes en 2015.

Comme le titre l’indique, il est donc bien question de ce qu’est l’homme, et de ce qu’il pourrait devenir, augmenté du vertigineux potentiel des artefacts numériques. Mais, ce qui est au cœur aussi de ce récit, c’est la toute puissance des réseaux, réseaux de migrations, réseaux mondialisés de la recherche, réseaux internationaux des tout puissants comme de ceux qui veulent remettre en question leur domination sans partage.

L’ambiguïté du titre est riche de sens : l’invention ne se résout pas aux perspectives transhumanistes, elle est aussi celle du web, mais aussi celle des héros de chair et de sang qui, dans cette post modernité tentent de se frayer un chemin au risque de leur vie. Et les corps sont ceux sur lesquels on expérimente, mais aussi ceux qu’on martyrise, ceux qui changent de genre, ceux des héros dont les destins se croisent en Californie…

Composé en quatre mouvements, ce roman, tel une symphonie, une sonate, ou une suite, fait entendre plusieurs voix, plusieurs instruments, qui suivent pour chacun des mouvements, un tempo commun. Le rythme de l’écriture est à l’image de la post-modernité numérique, haletant, générateur de suspens. Mais, c’est aussi sa grâce, il réserve des contrastes, avec des héros qui refusent les règles du jeu qu’on voudrait leur imposer et donc provoquent d’heureuses dissonances, des explosions spectaculaires.

Pour qui a eu le privilège d’entendre et voir Pierre Ducrozet lire des extraits de son roman à la Comédie du livre de Montpellier en mai 2018, et de l’entendre chanter accompagné au piano par Isard Cambray, il y a à cela quelque chose de naturel : Pierre Ducrozet est aussi un corps, une voix, une présence, et l’écriture est sans doute, comme sa voix, un de ses instruments les plus fidèles.

Entre parcours individuels et histoire du monde contemporain, entre réseaux de chair, synapses et réseaux numériques, ce roman suscite émotion, empathie et questionnements. C’est non pas un conte philosophique ni une utopie, mais un roman du temps présent brossant avec talent le tableau vivant d’une génération-monde, un concert romanesque qui dessine les lignes de force d’aujourd’hui et de demain.

Mots-clés complémentaires : concert romanesque, frontières, génération-monde, genre, histoire, homme augmenté, Internet, parcours individuels, post-modernité, réseaux, roman, transhumanisme, utopie, web.

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Pierre Ducrozet
  • Titre de l'ouvrage : L'invention des corps
  • Editions : Actes Sud
  • Date de parution : août 2017
  • ISBN : 978-23-300-8175-1

Prix : 20€

Résumé du livre "L'art de perdre"

Alice Zeniter, L'art de perdre, librairie Roanne, Les Rivages d'Onitsha Prix Goncourt des lycéens, le récit d’Alice Zeniter est une histoire familiale tressée à l’histoire tumultueuse de l’Algérie et de la France, de la deuxième guerre mondiale à nos jours, en passant par les cruciales années 1954-1962.

C’est aussi une histoire de silences, les silences paternels qui font qu’Ali, comme son fils Hamid, gardent le silence sur leur passé en Algérie, que leur petite-fille et fille, Naïma, la narratrice, va chercher à dépasser en remontant aux sources kabyles de la famille à l’occasion d’un voyage de travail, au cours duquel elle peut se mettre au clair sur ses relations avec un pays d’où elle est originaire mais qui n’est pas le sien.

Au cœur du récit, les affres de la division qui, au sein d’un village kabyle, oppose les deux grandes familles, puis scinde la famille même d’Ali. Il y a ceux qui se rallient au FLN et ceux qui, par fidélité au pays pour lequel ils ont comme Ali combattu et qui les a médaillés, par respect pour la puissance coloniale, font le choix inverse. Ils deviennent, malgré eux, des harkis, promis au châtiment réservé aux traîtres à la patrie par les vainqueurs de la guerre de libération, promis à la relégation dans des camps indignes par le protecteur français, puis dans des cités d’urgence, et, ce qu’on appelle aujourd’hui pudiquement « les quartiers ».

Au cœur du récit aussi, les chemins difficiles de l’intégration, parsemés de manifestations de rejet, de préjugés racistes, de la perte progressive de la langue maternelle, chemins qui différent de génération en génération : de l’effacement soumis du grand-père, pourtant français, aux maîtres français à l’armée comme à l’usine, à la persévérance scolaire du fils qui réussit un concours de la fonction publique et fonde une famille avec une métropolitaine, puis au parcours universitaire libre de la petite fille qui se réalise dans le monde des arts. Lors de sa quête, elle rencontre des algériens qui ont choisi l’exil en France pour échapper à la décennie noire, ou qui sont restés au pays, et ont traversé ces années de danger permanent.

Elle retrouve le reste de sa famille, qui n’a pas quitté la terre ancestrale, et découvre à cette occasion que c’est à la fois très fort, très important pour elle, et en même temps que ce pays n’est pas le sien. Elle éprouve l’art de perdre, qu’Elisabeth Bishop évoque dans un poème : «Dans l’art de perdre, il n’est pas dur de passer maître… Ils me manquent, mais il n’y eut pas là de désastre».

A travers ces destins individuels et collectifs, Alice Zeniter dresse un tableau de pages sombres de notre histoire commune, sans rien cacher de la dureté et de la violence sanglante des « événements », mais en donnant, avec le personnage de Naïma, l’aboutissement, de génération en génération, d’un parcours progressif d’émancipation des individus de leurs appartenances communautaires et sociales, et des contraintes où elles pourraient les enfermer.

Un récit optimiste qui fait de l’art de perdre un art de vivre librement.

Mots-clés complémentaires : Algérie, armée, arts, camps, école, famille, fille, fils, guerre, intégration, Kabylie, langue, père, petite-fille, racisme, relégation, silence, usine.

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Alice Zeniter
  • Titre de l'ouvrage : L'art de perdre (roman)
  • Editions : Flammarion
  • Date de parution : août 2017
  • ISBN : 978-20-813-9553-4

Prix : 22€

Résumé du livre "Alma"

Alma, Jean-Marie Gustave Le Clézio chez Les Rivages d'Onitsha, librairie à Rive de Gier Ce roman tresse deux récits. Celui de Jérémie Felsen, qui évoque, dans le prologue, ce que représente Maurice pour lui : « Je ne suis pas né dans ce pays, je n’y ai pas grandi, je n’en connais presque rien, et pourtant je sens en moi le poids de son histoire, la force de sa vie, une sorte de fardeau que je porte partout où je vais ».

Et celui de Dodo, qui appartient à ceux qui, pour Jérémie, comptent davantage : « ces hommes, ces femmes, que les bateaux ont volé de l’autre côté de l’océan, qu’ils ont jetés sur les plages, abandonnés sur les marches glissantes des docks, puis à la brûlure du soleil et à la morsure du fouet ».

Leur point commun : Alma, l’ancien domaine des Felsen, dont le nom en latin signifie nourricière, bienfaisante, maternelle, et que Dodo sait dire depuis qu’il est tout petit : « je dis : Mama, Alma ; Mama, c’est Artémisia, Maman, je ne m’en souviens pas bien ».

Chacun des 41 chapitres porte un titre, dont le dernier, portant la parole de Dodo est « Mon nom est Pe’sonne », ce qui fait le lien avec les oubliés évoqués dans le prologue par Jérémie : « ils me conduisent ici, à la Maison Blanche (…) il paraît que c’est la maison des indigents et des aliénés, et je suis l’un et l’autre ».

Ce chapitre se termine par la forme créolisée des vers écossais de Robert Burns cités en exergue du roman, qui chantent le souvenir du passé et le verre de l’amitié, et dont Dodo sait jouer l’air au piano. La quête de Jérémie, motivée par la recherche du dodo, oiseau mauricien exterminé il y a plus de trois siècles par les hommes, est en fait celle des morceaux disparus de l’histoire familiale, de l’histoire passée sous silence de celui qui a trahi sa caste en vivant avec une femme qu’il ne peut épouser. Espèce éteinte du dodo, famille éteinte à Maurice des Felsen, se font écho.

Si Jérémie n’a pas retrouvé l’oiseau, il a découvert, au travers du personnage de Dodo, un inconnu dans l’histoire de sa famille. Une nouvelle fois, Le Clézio nous conduit à Maurice, pour un voyage en nature et en humanité dans l’espace et le temps, riche des merveilles de la nature, des souffrances humaines, un voyage poétique et trivial, aussi personnel qu’il est universel, qui emporte le lecteur et le fait grandir en humanité.

Mots-clés complémentaires : Alma, caste, dodo, extinction, histoire familiale, Maurice, nature, silence.

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Jean-Marie Gustave LE CLÉZIO
  • Titre de l'ouvrage : Alma
  • Editions : Gallimard
  • Date de parution : Septembre 2017
  • ISBN : 978-2-07-274646-8

Prix : 21€

Résumé du livre "Souvenirs dormants"

Modiano, Souvenirs dormants, librairie Les rivages d'Onitsha à RoanneAux éditions Gallimard, voici le dernier opus, publié de Patrick Modiano, vingt-troisième d’une série inaugurée par La place de l’Etoile en 1968. Souvenirs dormants s’inscrit dans une chaîne sémantique de titres où figurent déjà Livret de famille, Une jeunesse, Vestiaire de l’enfance, Du plus loin de l’oubli, Un pedigree, titres associés à la mémoire et à l’oubli de son passé.

L’incipit de ce dernier roman pose parfaitement le cadre : « Un jour, sur les quais, le titre d’un livre a retenu mon attention. Le temps des rencontres. Pour moi aussi, il y a eu un temps des rencontres, dans un passé lointain ». Tout est là, de ce que, par commodité, on appelle la petite musique de Modiano : le passé lointain, sa mémoire imparfaite, avec ses trous noirs, et le rôle de la littérature pour exprimer au plus juste non pas seulement cette recherche du temps perdu, mais ce réveil de la mémoire qui dort. De quoi est faite une vie ? Sans aucun doute des rencontres qu’on a faites, et dont le narrateur nous dit « j’ai longtemps été persuadé que l’on ne pouvait faire de vraies rencontres que dans la rue ». Le rôle de la rue, de la toponymie des villes, est essentiel dans l’univers modianesque, comme l’attestent certains autres titres, des Boulevards de ceinture à la Rue des boutiques obscures, en passant par Quartier perdu, et, dans Livret de famille, par exemple, la rue Cafarelli à Nice.

Dans Souvenirs dormants, la place Blanche et le quartier Pigalle où la mère du narrateur est actrice, la rue Spontini servent de cadre au début du récit. Les appartements ont souvent l’air abandonnés, comme celui de Mireille Oroussov, avec son lustre aux ampoules mortes, et le gaz coupé. Les cafés et les hôtels sont des lieux de vie importants aussi pour les rencontres, comme ce café aujourd’hui disparu, vers la fin du boulevard de la Gare, dans le treizième arrondissement, où le narrateur a rencontré Geneviève Delame.

Ainsi va la remontée à la surface de la mémoire de personnes que le narrateur s’était efforcé d’oublier, remontée favorisée par le passage au détour d’une rue. L’excipit livre le lancinant secret des souvenirs : « Dans vos souvenirs se mêlent des images des routes que vous avez prises et dont vous ne savez plus quelles provinces elles traversaient ».

Tout l’art de Modiano est dans sa capacité à nous faire partager la fragilité des fragments de mémoire qui remontent à notre conscience sans que jamais tout ne se révèle pour que demeure, pour la narrateur comme pour le lecteur, la volupté de l’incertitude.

Mots-clés complémentaires : appartements, quartiers, mémoire, rencontres, rues, souvenirs.

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Patrick MODIANO
  • Titre de l'ouvrage : Souvenirs dormants
  • Editions : Gallimard
  • Date de parution : Septembre 2017
  • ISBN : 978-2-07-274631-4

Prix : 14.50€

Résumé du livre "Mon frère"

Daniel Pennac, Mon frère, librairie Les Rivages d'Onitsha à RoanneSi le tombeau poétique ou musical est un genre artistique établi depuis la Renaissance, les récits auto-fictionnels d'aujourd'hui gardent en commun avec lui la volonté exprimée de résusciter le ou la disparue, comme le ferait la statue d'un monument funéraire, mêlant étroitement figures rhéthoriques et émotion véritable. De ce point de vue, le texte que Daniel Pennac écrit pour son frère n'échappa pas à la règle. Il est très construit, tressant au fil du texte des fragments de son spectacle consacré à Bartleby et des fragments de mémoire attachés à son frère. Ce qui pourrait n'être qu'un artifice est justifié dès l'incipit : « Le désir de monter au théâtre le  Bartleby de Melville m'est venu un jour que je pensais à mon frère Bernard ». Et, de même que Daniel Pennac écrit, dans la quatrième de couverture « Il me manque comme personne mais je ne sais pas qui j'ai perdu », de même, chez Melville le notaire s'attache à un Bartleby dont il ne saura jamais qui il est.

C'est finalement le texte adapté de Melville qui sert de fil conducteur, de lien entre ces fragments épars de mémoire que Pennac livre à propos de la relation forte avec son frère, qu'il s'agisse de souvenirs ou des commentaires qu'il fait aujourd'hui d'une photo des deux frères prise dans leur enfance.

Tous ceux qui ont déjà éprouvé un deuil violent se reconnaîtront dans les actes manqués de celui que submerge la douleur, dans ces illusions qui trahissent le déni de la mort de celui ou de celle qu'on aime. Tous les membres d'une fratrie se reconnaîtront dans les complicités implicites et les places assignées dans la constellation familiale - le frère défunt était le fils préféré des parents, dans les silences pudiques qui fondent aussi la fraternité, comme dans les tensions possibles avec le conjoint mal assorti du frère aimé. Rien n'est plus personnel que ces anecdotes du quotidien, rien pourtant de nous en est étranger.

Au travers de ce tombeau, on perçoit l'aspect irrémédiable de cette mort pour Pennac, dont il restera sans aucun doute inconsolé, mais que la littérature, la parole poétique, l'action artistique empêcheront de le précipiter dans l'état absolument inconsolable qui ne laisse d'autre issue au survivant que sa propre mort. Et sans doute Bartleby et son « I would prefer not to »a-t- il joué ce rôle salvateur pour Pennac : cette formule ne résume-t- elle pas avec son so British understatement, notre sentiment commun face à la mort ?

Mots-clés complémentaires : Bartleby, fratrie, mémoire, mort, partage, silence, tombeau.

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Daniel Pennac
  • Titre de l'ouvrage : Mon frère
  • Editions : Gallimard
  • Date de parution : Mars 2018
  • ISBN : 978-2- 07-276630- 3

Prix : 15€

Résumé du livre "Bitna, sous le soleil de Séoul"

Le Clezio, Bitna, sous le soleil de SéoulEcrit d’avril à septembre 2017, à Séoul, Paris et Séoul, ce nouvel opus confirme la force simple de la littérature leclézienne. On y retrouve cette attention poétique et sensible à la nature, qu’il s’agisse du bruit du vent dans les arbres ou du vol des oiseaux dans le ciel, comme à la ville, qu’elle soit mégalopole faite de larges avenues sur lesquelles roule une mer d’autos et d’autobus, ou petite ville d’une ou deux rues avec quelques boutiques. On renoue avec cette attention à l’humanité en chaque individu, qu’il s’agisse de jeunes ou de vieux, de bons ou de méchants, avec une tendresse particulière pour ceux qui sont à côté du mainstream social, comme le sont les deux personnages clés de ce récit, la jeune Bitna et celle à qui elle raconte des histoires, Salomé, clouée chez elle par une maladie dégénérative.

Le Clézio tresse donc dans ce roman le fil de la narration conduit par Bitna-: « Je m’appelle Bitna, j’ai bientôt dix huit –ans. », ainsi commence le récit, entrecoupé des histoires racontées par Bitna à Salomé entre avril 16 et avril 17. Le Clézio renoue ainsi avec son goût pour les histoires, si bien exprimé dans Mondo et autres histoires.

Son ouvrage est un témoignage de la force du récit, qui donne tout son sens, tout son goût à la vie, force absolument vitale quand on est clouée comme Salomé dans un fauteuil sans pouvoir sortir. Le Clézio donne à voir, avec ce roman, la palpitation d’une ville, les solidarités et les mesquineries qu’y s’y vivent, dans un pays marqué par l’histoire du vingtième siècle dont Bitna comme les personnages qu’elle invente portent la trace : une guerre, avec ses victimes et ses survivants, et une séparation, entre le Nord et le Sud, et les souffrances de l’exil.

Histoire coréenne, certes, mais universelle, parce qu’aujourd’hui les guerres et l’exil frappent à la porte de nos pays en paix. Comme toujours, Le Clézio allie subtilement pittoresque local et universalité, nature et culture, histoire et mythes, réalisme et conte, souffrance et espoir, en maître de la littérature et citoyen du monde qu’il est.

Mots-clés complémentaires : contes, Corée, exil, histoires, nature, Séoul, séparation, solidarité, souffrance, ville.

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Jean-Marie Gustave LE CLÉZIO
  • Titre de l'ouvrage : Bitna, sous le soleil de Séoul
  • Editions : Stock
  • Date de parution : Avril 2018
  • ISBN : 978-2- 234-08573- 2

Prix : 18.50€

Actualités

Nouveauté : "Double Fond", Elsa Osorio

Double Fond, Elsa Osorio, Les Rivages d'Onitsha à Roanne Dernier opus de la romancière argentine qui continue d’exploiter ce qui a fait le succès de ses précédents ouvrages : le présent rattrapé par le passé tragique de la dictature militaire des années 70, et une enquête obstinée pour faire émerger la vérité.
Cette fois, l’enquête est dirigée par une journaliste placardisée dans une petite ville bretonne (Saint Nazaire), comme dans une banale série télévisée.
Mais celle-ci se penche sur un passé qui dépasse largement les intérêts de la province française. La victime d’un meurtre, médecin estimée, a cru se mettre à l’abri dans cet endroit paisible mais a été rattrapée pas son passé argentin.
L’investigation révèle des aspects méconnus de cette histoire tragique : l’instrumentalisation de certains opposants, les relations parfois perverses entre bourreaux et victimes, l’action des opposants français au Mondial de football de 1978, les menées secrètes de certains putschistes auprès du gouvernement français (Giscard d’Estaing étant président à ce moment).

Le récit mêle différentes voix et différentes époques et retisse peu à peu la trame des événements qui aboutit à faire découvrir la vérité non seulement au lecteur mais aux personnages dont la vie en sera bouleversée.

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Elsa OSORIO
  • Titre de l'ouvrage : Double Fond
  • Editions : Métailié
  • Date de parution : 2018
  • ISBN : 979-10-226-0733-9

Prix : 21€


Nouveauté : "L'homme-livre"

L'homme-livre, Les Rivages d'onitsha à Roanne En réalité, tout est dans le titre. Cet ouvrage est un hommage à ceux qui « fabriquent » nos très chers bouquins, les éditeurs.
Et j’aurais sans doute du mettre un E majuscule, car ce sont les portraits croisés et les interviews des plus nobles d’entre eux que l’on croise au fil des pages : Gallimard, P.O.L, Fayard, Grasset, Actes-Sud, Stock, Plon, etc.
Bref, tous ceux en gros qui ont reçus un ou plusieurs Nobel ou Goncourt, ces 30 dernières années.

Une Oeuvre incontournable donc, extrêmement riche, magnifiquement illustrée et totalement fascinante, sur nos « faiseurs de livres » préférés.

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Collectif
  • Titre de l'ouvrage : L'homme-livre
  • Editions : Verbes - un livre une rose
  • Date de parution : avril 2018
  • ISBN : 978-2-330-10269-2

Best Seller : "Blast", Manu Larcenet

Blast, Manu Larcenet, Les Rivages d'Onitsha à Roanne Probablement la meilleure quadrilogie publiée à ce jour en Bandes Dessinées. Cultissime. Vous ne l’avez pas encore lue ?

Alors à commander et ce dès que possible. Régalez vous, car tout y est ! Tome 1 : Grasse Carcasse

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Manu Larcenet
  • Titre de l'ouvrage : Blast (Tome 1)
  • Editions : Dargaud
  • Date de parution : novembre 2009
  • ISBN : 978-22-050-6397-4

Prix : 22.50€


Best Seller : "Maus l'intégrale", Art Spiegelman

Maus l'intégrale, Art Spiegelman, Les Rivages d'Onitsha à Roanne Juste une BD culte. Cette bande dessinée a été récompensée par le prix Pulitzer en 1992. C’est probablement la meilleure oeuvre traitant de façon originale du lourd sujet du nazisme et de la seconde guerre mondiale.

Présentée ici dans sa version intégrale, il est impératif de l'avoir dans sa Bédéthèque !

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Art Spiegelman
  • Titre de l'ouvrage : Maus l'intégrale
  • Editions : Flammarion
  • Date de parution : janvier 2012
  • ISBN : 978-20-812-7802-8

Prix : 30€


Best Seller : "L'Arabe du futur", Riad Sattouf

Blast, Manu Larcenet, Les Rivages d'Onitsha à Roanne La librairie Les Rivages d’Onitsha, située à Roanne, a l’immense bonheur de vous présenter à nouveau un classique de la BD, L’Arabe du Futur de Riad Sattouf.

Je ne vous ferez pas l’affront de vous présenter l’auteur, par exemple, de l’excellente série « Les cahiers d’Esther », dans lesquels on voit grandir année scolaire par année scolaire son héroïne éponyme.

L’Arabe du futur, en outre, constitue la véritable biographie soigneusement mise en image de l’auteur, à l’instar de Portugal.

Traduite dans 17 langues, l’oeuvre en elle-même s’est écoulée à près d’un million et demi d’exemplaires. Elle a recueilli à peu près tout ce qui se fait de mieux en termes de prix et de critiques littéraires.

Humour, finesse, illustrations extraordinaires, au cœur de la Syrie contemporaine. Tout Riad est là, bien présent.

Informations sur l'ouvrage

  • Auteur : Riad Sattouf
  • Titre de l'ouvrage : L'Arabe du futur
  • Editions : Allary
  • Date de parution : octobre 2017
  • ISBN : 978-23-707-3152-4

Prix : 62.70€