Chronique : Isabelle Carré, « Les rêveurs »

Isabelle Carre, Les rêveurs, Les Rivages d'Onitsha

Chronique : Isabelle Carré, « Les rêveurs »

Chronique du roman « Les rêveurs » :

Le premier « roman » de la comédienne est sans doute un exemple réussi d’autofiction. En interview, Isabelle Carré explique que l’écriture de ce récit, fortement inspiré par son enfance et son adolescence, s’est imposée devant le déferlement d’une homophobie décomplexée lors des manifestations organisées contre le mariage pour tous, qu’elle a vécu comme un traumatisme.

Il a été également facilité par la fréquentation d’un atelier d’écriture animé par Philippe Djian. C’est l’occasion de revenir sur les années 70, et la manière douloureuse dont la question de l’identité sexuelle s’est posée, dans ces années-là, à son père et à sa famille, et dont une enfant, attachée comme tous les enfants à une norme rassurante, a pu trouver sa voie entre des parents si peu conformistes et déconcertants.

D’évoquer aussi les clivages sociaux entre les deux familles de la narratrice, et l’originalité du mode de vie de ses parents, qui ont appris très tôt à Isabelle Carré à jouer du grand écart des codes. L’occasion enfin de mesurer, comme on l’a vu récemment dans le récit d’Edouard Louis, En finir avec Eddie Bellegueule, le rôle salvateur du théâtre pour la toute jeune fille fragile qui est allée jusqu’à tenter de se suicider et a été internée en hôpital psychiatrique, mais qui deviendra, inspirée par Romy Schneider, la comédienne dont on découvre le talent de narratrice dans ce premier « roman ».

Roman sur la difficulté de grandir, entre le mal être d’une mère abandonnée par le père de son premier enfant, et celui d’un père taraudé par son homosexualité, ce récit est porté également par la bienveillance du regard d’Isabelle Carré sur chacun de ses personnages, dont elle dessine le parcours de résilience, qui, finalement, leur fait trouver ou retrouver une vie qui soit en accord avec ce qu’ils sont. Elle ne cache pas avoir souffert dans son enfance, mais elle montre bien aussi toute la richesse que ses parents, à la recherche d’eux-mêmes, lui ont transmise.

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Mots-clés supplémentaires

  • Les Rivages d’Onitsha Roanne
  • Librairie Mayol
  • Littérature
  • Roman policie, polar, fiction, suspense
  • Années 70
  • Anticonformisme,
  • Autofiction,
  • Enfance
  • Homosexualité

Edition Grasset, janvier 2018, ISBN 978 2 246 811384 2 , 20€

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