Chronique : Isabel Allende, « Más allá del invierno »

Isabel Allende, Mas alla del invierno, Les Rivages d'Onitsha

Chronique : Isabel Allende, « Más allá del invierno »

Chronique du roman « Más allá del invierno » :

Isabel Allende commence toujours à écrire ses romans un 8 janvier. Les grandes lignes de celui-ci lui avaient été fournies lors d’un déjeuner familial au Noël précédent. Or, en janvier 2016, alors qu’elle entame celui-ci, la tempête Jonas, l’une des plus violentes qu’ait connues les Etats-Unis, paralyse la ville de New York. C’est à ce moment qu’elle fait débuter l’histoire.

Un universitaire vieillissant, qui a organisé sa vie au millimètre près afin d’éviter désormais tout désagrément et se contente de la compagnie de ses chats, est contraint d’affronter les intempéries pour conduire l’un d’eux dans une clinique vétérinaire. Sa voiture dérape et le petit choc qui endommage la voiture d’une inconnue va dérégler ce mécanisme bien huilé. Ce n’est pas le début d’une intrigue amoureuse à la Gavalda, mais celui d’un road movie scabreux destiné à faire échapper la jeune femme à un sort immérité.

La mise en oeuvre de l’action revient à une collègue de l’universitaire, venue du Chili pour quelques mois. Les destins des trois protagonistes, tous issus de l’immigration de plus ou moins longue date, se croisent et se tissent dans cette ville-monde qu’est la grande ville américaine. Tout comme le récit qu’en fait l’auteur, chaque chapitre reconstituant le passé de chacun au fil de l’histoire. Il y a donc un fil conducteur qui s’apparente à une aventure policière pleine de suspense jusqu’aux dernières pages.

Mais ce qui fait la richesse du roman, c’est le passé très lourd des personnages. Car, à travers leur histoire, le lecteur plonge dans les premières années de la dictature de Pinochet au Chili, dans la misère des indiens et les exactions des maras au Guatemala, dans le Rio festif des clans familiaux au Brésil, et même dans la fuite d’un jeune juif d’Europe dans les années 40. Le méchant de l’histoire est lui-même le petit-fils d’un truand français.

Mais ce n’est pourtant pas un roman baroque, déjanté et coloré, que nous sert Isabel Allende. Même si les récits personnels sont écrits à la troisième personne, on sent qu’ils sont faits avec pudeur par les personnages au fur et à mesure qu’ils partagent cette aventure imprévue et resserrent leurs liens. Si bien que le puzzle se construit tranquillement, avec sobriété et même humour, malgré la cruauté des situations.

Bref, un roman dont on peut se délecter comme d’une gourmandise sans avoir la mauvaise conscience d’ingurgiter de la malbouffe.

Pour commander ce livre :

Découvrez cet ouvrage d’Isabel Allende à la librairie Les Rivages d’Onitsha (ex librairie Mayol), qui se situe à Roanne.

Mots-clés supplémentaires

  • Les Rivages d’Onitsha Roanne
  • Librairie Mayol
  • Librairie 42 (Loire)
  • Isabel Allende

Edition Plaza Janès, juin 2017, ISBN 978-84-01-02608-9, 18.90€

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