Isabel Allende, Cuentos de eva luna, Les Rivages d'Onitsha

Chronique du roman « Cuentos de Eva Luna » : Pour ceux qui ont envie de lire en espagnol sans le maîtriser complètement, ce petit recueil de six contes annoté en espagnol est un petit régal. La plupart sont construits autour d’un personnage féminin dont le destin ou le choix de vie a forgé une personnalité originale, sinon hors du commun. Ce sont des battantes qui ont acquis une place centrale dans leur petite communauté par un talent particulier. L’une, autodidacte, vend des paroles magiques capables de séduire un guérillero endurci. Une autre dirige elle-même son grand domaine agricole. L’une est maîtresse d’école, l’autre danse à la perfection. L’une s’invente un amour romanesque,Lire la suite

Isabel Allende, Mas alla del invierno, Les Rivages d'Onitsha

Chronique du roman « Más allá del invierno » : Isabel Allende commence toujours à écrire ses romans un 8 janvier. Les grandes lignes de celui-ci lui avaient été fournies lors d’un déjeuner familial au Noël précédent. Or, en janvier 2016, alors qu’elle entame celui-ci, la tempête Jonas, l’une des plus violentes qu’ait connues les Etats-Unis, paralyse la ville de New York. C’est à ce moment qu’elle fait débuter l’histoire. Un universitaire vieillissant, qui a organisé sa vie au millimètre près afin d’éviter désormais tout désagrément et se contente de la compagnie de ses chats, est contraint d’affronter les intempéries pour conduire l’un d’eux dans une clinique vétérinaire. Sa voiture dérape et le petit chocLire la suite

Chronique du roman « Rêves oubliés » : Le nom de cette écrivaine, violoniste de talent par ailleurs, renvoie au pays basque espagnol. Les prénoms de ses personnages issus de son passé familial aussi : Aïta et Ama, ses arrière grands parents, Otzan, Zantru et  Iduri, leurs trois garçons. C’est à l’exil de cette famille dont le destin s’est joué pendant les conflits de la grande Histoire que s’intéresse Léonor de Récondo dans ce deuxième roman. A partir des récits qu’elle a pu saisir ou reconstituer, elle s’efforce de retracer ce que représenta cette épreuve pour les siens. En 1936, au pays basque espagnol, sa famille fut menacéeLire la suite

Rosa Montero, La chair, Les Rivages d'Onitsha

Chronique du roman « La chair » : Rosa Montero est l’auteure, mais un personnage de ce roman dont l’héroïne, Soledad, se bat contre le destin de son prénom (Solitude), à un moment de sa vie, l’entrée dans la soixantaine, où peuvent commencer les dernières fois, et où les places sociales acquises sont remises en question par l’arrogance des générations montantes. Soledad est donc en guerre, contre elle-même, contre son enfance de souffrances partagées avec sa sœur au prénom aussi significatif que le sien (Dolorès), contre celles et ceux qui l’ont abandonnée, comme Pedro, ou pourraient le faire, contre celles et ceux qui affichent leur  bonheur niais de couple, de parents, alors qu’elleLire la suite

Edouard Louis, Qui a tué mon père, Les Rivages d'Onitsha

Chronique du roman « Qui a tué mon père » : C’est le quatrième opus d’Edouard Louis. Le premier, paru en 2013, est consacré à Pierre Bourdieu, le deuxième, véritable coup de force littéraire en 2014, « En finir avec Eddy Bellegueule », entamant une série, décrits de confrontation autobiographiques, suivi en 2016 par Histoire de la violence. Avec le livre « Qui a tué mon père », Edouard Louis revient sur un personnage important d’ »En finir avec Eddy Bellegueule ». A un autre moment de sa vie. Ce père qu’il a quitté pour partir faire des études, il le retrouve des années plus tard. L’ouvrage commence par ce qui pourrait être une didascalieLire la suite

Isabelle Carre, Les rêveurs, Les Rivages d'Onitsha

Chronique du roman « Les rêveurs » : Le premier « roman » de la comédienne est sans doute un exemple réussi d’autofiction. En interview, Isabelle Carré explique que l’écriture de ce récit, fortement inspiré par son enfance et son adolescence, s’est imposée devant le déferlement d’une homophobie décomplexée lors des manifestations organisées contre le mariage pour tous, qu’elle a vécu comme un traumatisme. Il a été également facilité par la fréquentation d’un atelier d’écriture animé par Philippe Djian. C’est l’occasion de revenir sur les années 70, et la manière douloureuse dont la question de l’identité sexuelle s’est posée, dans ces années-là, à son père et àLire la suite

Leonardo Padura, L'homme qui aimait les chiens, Les Rivages d'Onitsha

Chronique du roman « L’homme qui aimait les chiens » : L’homme qui aimait les chiens, c’est un catalan mystérieux rencontré sur une plage cubaine par le narrateur, Iván, un écrivain paralysé par le poids du régime, qui ne cherche plus que la tranquillité. Cet étranger sentant sa mort proche veut lui révéler le parcours de son compagnon Ramón Mercader, le meurtrier de Trotsky, à partir du moment où celui-ci accepte de dire un oui fatal à sa mère. Leonardo Padura construit un long et double récit sur le destin du célèbre révolutionnaire et celui de son meurtrier durant une vingtaine d’années. En réduisant leur projet personnel à leur inscription dans l’histoireLire la suite

Jean-Louis Comolli, Une terrasse en Algérie, Les Rivages d'Onitsha

Chronique du roman « Une terrasse en Algérie » : Il y a, dans une vie, des scènes fondatrices. Pour le narrateur de ce récit à la première personne où les noms et prénoms ont été changés, mais où « tout le reste est véridique, lieux, situations, actions, phrases et formules », c’est sans doute le jour, où, au seuil de l’adolescence, rentrant de la plage en plein été, il perçoit pour la première fois la violence coloniale dans toute son obscénité. Il faut dire que le colonel Aussaresses est à la manoeuvre. Jean-Louis Comolli se souvient et nous fait partager, soixante ans après, ses souvenirs deLire la suite

Jean-Philippe Blondel, La mise à nu, Les Rivages d'Onitsha

Chronique du roman « La mise à nu » : Que peut-il advenir de la rencontre entre un professeur approchant de la soixantaine dans sa province et un de ses anciens élèves devenu un artiste réputé ? Sans doute un retour sur soi, sur ce qu’on est devenu, ce qu’on a perçu et ce qu’on n’a pas su voir, et une progressive mise à nu, qu’il s’agisse de celle du modèle devant le peintre, et de la mise à nu intime des sentiments passés et présents qui ont lié et lient le professeur à cet élève, comme aux siens dont il s’est séparé. Entre réserve, réticence, méfianceLire la suite

Christophe Honore, Ton père, Les Rivages d'Onitsha

L’auteur Christophe Honoré : Cinéaste, metteur en scène de théâtre et d’opéra, Christophe Honoré est aussi un écrivain qui livre, dans ce roman en traits et portraits, le récit de la vie d’un homme qui lui ressemble. Chronique du roman « Ton père » : A partir d’un mot épinglé que sa fille de douze ans a trouvé sur la porte d’entrée « Guerre et paix : contrepèterie douteuse », l’enquête commence pour découvrir qui s’en prend à un père gay. Il nous fait vivre, en 14 chapitres et 16 portraits dont la moitié sont de l’auteur-photographe, cette traversée inquiète qui ouvre aussi sur l’histoire d’une vie. Une vie marquée parLire la suite